Ce matin, tu arrives avec l’intention de passer une belle journée avec ton groupe.
Un enfant a de la peine. Tu prends le temps de le réconforter. Un parent veut te parler avant de partir. Deux enfants de ton groupe se disputent un jouet pendant qu’un autre a besoin de ton aide.
Tu es là. Tu réponds. Tu t’ajustes.
D’habitude, tu arrives à surfer sur la vague.
Mais certaines journées, il y a beaucoup de courant. Tu viens à peine de retrouver ton équilibre qu’une autre vague arrive. Tu regardes l’heure : il faut déjà ranger, s’habiller, sortir, rentrer…
Tu accélères pour que tout se passe bien.
Ta pause attendra.
Tu veux tellement que ça coule que tu finis par retenir ton souffle.
Tu aimes sentir que tes interventions fonctionnent. Qu’un enfant s’apaise avec toi. Que ton groupe est bien.
Mais aujourd’hui, les enfants sont popcorn.
Et là, tu le sais : ton énergie se rend jusqu’à eux. Plus tu te sens pressée, plus ça s’agite. Tu te dis : « C’est ma faute. Je leur transmets mon stress. »
Alors tu essaies encore plus fort de te replacer, de retrouver ton calme, de ramener tout le monde.
Comme si c’était à toi toute seule de calmer la tempête.
Ton énergie compte. Le rythme de la journée, les attentes et les conditions dans lesquelles tu travailles comptent aussi.
Tu n’as pas à calmer toute la tempête à toi seule.
À quel moment t’es-tu mise
à nager à contre-courant?
Tu suis la routine. Tu anticipes les besoins. Tu essaies de ne rien échapper.
Mais est-ce que le rythme de la journée vous aide encore, les enfants et toi? Ou est-ce que tu dépenses toute ton énergie à essayer de le suivre?
Tu n’as pas toujours le temps de te poser la question.
Tu avales un bouillon, tu remontes à la surface et tu continues.
Il y a encore du monde qui a besoin de toi.
Le « 8 à 5 », ça n’existe pas
quand on est éducatrice.
Les enfants sont repartis. Le local est tranquille.
Mais une rivière ne s’arrête pas de couler parce que tout le monde est rentré chez soi. Dans ta tête aussi, le courant continue.
Tu repenses à une réaction que tu n’as pas comprise. Tu cherches une autre façon d’aider un enfant. Une idée te vient pendant que tu prépares le souper.
Ta journée est finie, mais une partie de toi est encore avec tes cocos, chez eux.
Avec Mathis qui a perdu un bas.
Avec Timothé qui vivait mal le voyage d’affaires de papa.
Avec Olivia qui a perdu sa mamie.
Et au milieu de tout ça, il y a ta vie à toi.
Tu prends soin de quelqu’un toute la journée.
Mais toi aussi, tu es quelqu’un.
Tu le vois quand un enfant a besoin d’une pause. Tu ajustes tes attentes quand sa journée est plus difficile.
Est-ce que tu t’accordes la même chose?
Ou est-ce qu’il faut que tout le monde soit bien, que tout soit terminé, avant que tu aies le droit de t’asseoir?
Tu n’as pas besoin d’attendre les prochaines vacances pour avoir une place dans ta propre journée.
Je t’invite à sortir la tête
de l’eau avec moi.
Le temps d’une soirée, on arrête le courant pour remonter à la surface et reprendre notre souffle.
On prend le temps de regarder les attentes, la pression de performance, les routines… et tout ce qui continue de tourner dans ta tête même après le travail.
On va aussi regarder ce qui te soutient. Ce qui te donne du plaisir à être avec les enfants. Et ce que tu pourrais ajuster pour retrouver un peu d’espace dans tes journées.
Tu peux arriver comme tu es, avec ce que tu vis en ce moment.
Tu peux simplement écouter, caméra et micro fermés. On pourra échanger dans le clavardage, si tu en as envie.
Je te proposerai aussi des exercices. Je t’encourage à les faire pendant la soirée pour te donner ce moment-là. Mais je connais le quotidien familial : si ça brasse autour de toi, tu pourras les reprendre quand tu seras disponible.
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